Réseau de recherche sur les politiques sociales du Nouveau-Brunswick

Shelley Doucet and Rima Azar


Photo-21) Quel poste occupez-vous présentement et quel est votre titre officiel?

Shelley Doucet, Ph. D. : Je suis titulaire de la chaire Jarislowsky en soins interprofessionnels centrés sur le patient et professeure agrégée au département des sciences infirmières et de la santé à University of New Brunswick ( campus de Saint John).

Rima Azar, Ph. D. : Je suis professeure agrégée de psychologie de la santé et récipiendaire d’une bourse de nouveau chercheur des IRSC dans le cadre du PPR dans le domaine de la psychoneuroimmunologie développementale à Mount Allison University.

2) Quelle formation avez-vous reçue?

Shelley Doucet, Ph. D. : Baccalauréat en sciences infirmières, University of New Brunswick à Saint John (2005); maîtrise en sciences infirmières, Western University (2007); Ph. D. en études interdisciplinaires, University of New Brunswick (2010); expérience postdoctorale, University of British Columbia (2014).

Rima Azar, Ph. D. : Baccalauréat en sciences (1994) et maîtrise en sciences (1996), psychologie du développement, Université de Montréal; Ph. D., psychoneuroendocrinologie développementale, Université de Montréal (2004); boursière postdoctorale des IRSC, programme pour la santé des femmes du Réseau de santé universitaire, University of Toronto (2008).

3) Parlez-nous un peu de votre parcours professionnel. D’où vient votre passion pour la recherche ou le travail que vous faites et comment s’est-elle développée?

Nous nous sommes rencontrées par l’entremise du Réseau de la SRAP du Nouveau-Brunswick sur les innovations en soins de santé de première ligne et intégrés (SRAP-NB-ISSPLI). Nous sommes toutes les deux des membres actives du réseau provincial, Shelley en tant que codirectrice tripartite de recherche et Rima en tant que cocandidate. Le Réseau de la SRAP-NB-ISSPLI fait partie du Réseau pancanadien (réseau de réseaux) qui vise à favoriser une nouvelle alliance entre les politiques, la recherche et la pratique dans le but de créer des réseaux d’apprentissage dynamiques. Pour résumer, la « Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) du Canada vise à faire en sorte que le bon patient reçoive les bons soins au bon moment ». Le Réseau de la SRAP-NB-ISSPLI est profondément enraciné dans les soins de santé communautaires de première ligne.

L’automne dernier, M. Peter Daniels, de la New Brunswick Children’s Foundation (NBCF) nous a approchées pour proposer un projet susceptible d’améliorer les soins de santé destinés aux enfants. C’est de cette façon que nous en sommes venues à collaborer plus étroitement.

Dans toutes nos expériences professionnelles, le courant passait bien quand nous travaillions en équipe. Cela a favorisé la synergie, l’amusement dans le contexte d’un travail ardu et une concentration commune sur la tâche à accomplir!

4) Parlez-nous d’un ou deux de vos projets actuels.

En décembre 2014, la NBCF nous a accordé une subvention de 750 000 $ sur quatre ans pour mettre en œuvre et codiriger le Centre de santé virtuelle du Nouveau-Brunswick pour les enfants. Sans prétendre réinventer la roue des soins, ce centre vise les objectifs suivants : 1) assurer l’intégration des services éducatifs, sociaux et de santé pour les enfants aux prises avec des troubles de santé complexes; 2) défendre la cause des enfants atteints de troubles de santé complexes et de leur famille; 3) offrir aux familles (les meilleurs juges en ce qui concerne leur propre vie) un milieu où exprimer leurs besoins et jouer un rôle de mentorat ou de soutien auprès d’autres familles. L’inclusion d’un intervenant-pivot au sein de l’équipe de soins pour aider les enfants et leur famille tout au long de leur parcours dans le système de soins de santé constitue une force unique de ce centre. En moins d’un an, notre équipe a grossi pour inclure des boursiers de recherche postdoctorale, un stagiaire de troisième cycle, un étudiant-chercheur de quatrième année du premier cycle en médecine, deux étudiants de programmes spécialisés, un coordonnateur de programme à temps partiel et cinq assistants à la recherche. Comme il s’agit d’un nouveau projet, nous en sommes actuellement à l’étape de l’évaluation des besoins.

Nous avons uni nos passions, nos intérêts et nos forces pour travailler à ce projet particulier. Shelley, par exemple, souhaite examiner la façon dont divers professionnels de la santé dans divers milieux travaillent ensemble pour fournir des soins de santé axés sur la collaboration qui répondent aux besoins uniques des enfants aux prises avec des troubles de santé complexes, de manière à ce que les soins soient plus coordonnés et centrés sur les patients. Elle souhaite aussi examiner comment différents secteurs, notamment l’éducation et le développement social, peuvent collaborer pour améliorer les soins destinés aux enfants en définissant les pratiques exemplaires dans ces domaines. Rima, pour sa part, contribue au projet ses diverses expériences de travail auprès d’enfants de tous les âges et de leur famille, tout au long de la période prénatale, de la petite enfance, de l’enfance et de l’adolescence. Elle a acquis ces expériences auprès des enfants et des jeunes : 1) en tant que clinicienne du développement (dans le cadre de sa formation et de ses expériences de travail au Québec et d’une deuxième vie qu’elle a commencée récemment avec son mari lorsqu’ils se sont impliqués dans les services de garde nourricière du Nouveau-Brunswick pour devenir des parents nourriciers); 2) en tant que chercheuse sur le stress dans le contexte de la santé mentale et physique (p. ex. la dépression périnatale ou les maladies chroniques chez les enfants).

5) Comment vos recherches ou votre travail peuvent-ils contribuer, selon vous, à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes?

Le Centre de santé virtuelle du Nouveau-Brunswick pour les enfants sera le premier de son genre. Ce projet pourrait avoir des incidences concrètes sur la vie quotidienne des familles qui s’occupent d’un enfant ayant des troubles de santé complexes. En effet, notre centre adopte une approche centrée sur la famille et comprendra un modèle de soins avec intervenant-pivot. Alison Luke, Ph. D., une boursière de recherche postdoctorale qui travaille avec nous à ce projet, participe à l’évaluation de l’étape d’essai pilote du projet. Nous rêvons et nous espérons que l’évaluation de notre modèle de soins démontrera que le nouveau centre virtuel sera bénéfique pour les enfants de notre province qui sont atteints de troubles de santé chroniques et leur famille. Comment? En veillant à ce que les enfants aux prises avec des troubles de santé complexes et leur famille aient un meilleur accès à des services sociaux, éducatifs et de santé plus intégrés, et ce, dans leur propre collectivité, sans égard à la démographie de ces collectivités (Autochtones, francophones, anglophones ou immigrants).

6) Décrivez-nous certaines de vos réalisations passées qui ont été importantes dans votre cheminement professionnel. Ont-elles contribué à promouvoir des politiques publiques fondées sur des données probantes?

L’obtention du financement de la NBCF a été la première étape marquante dans notre parcours visant la création dans notre province du Centre de santé virtuelle du Nouveau-Brunswick pour les enfants. Nous aimerions ici réitérer notre profonde gratitude à l’égard de la New Brunswick Children’s Foundation pour son don qui témoigne de l’affection de notre province pour ses enfants.

Deuxièmement, cette subvention de fonctionnement nous a permis de présenter deux autres demandes de subvention (provinciale et fédérale) afin d’obtenir des fonds de contrepartie pour étendre la portée de notre projet et donc avoir un impact beaucoup plus grand sur les politiques publiques. Nous avons récemment obtenu une de ces subventions, soit une subvention de fonctionnement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

7) Décrivez en quelques phrases comment vous avez participé aux activités du RRPSNB et comment votre relation avec le Réseau a contribué à votre travail ou à vos recherches et/ou aux politiques sociales/économiques.

Nous sommes toutes les deux ravies et honorées d’être des membres et des amies du RRPSNB. Nos relations avec le Réseau nous ont permis d’agrandir notre réseau de partenaires et d’entrer en communication avec un plus grand nombre d’intervenants sociaux et en santé publique (p. ex. nous avons été invitées à présenter nos travaux au Forum de recherche sur les politiques publiques du NB du RRPSNB, à Moncton, en avril 2015). De plus, le RRPSNB nous a donné un coup de main relativement à notre demande de subvention dans le cadre de la STRAP des IRSC, que nous avons obtenue.

8) Auriez-vous quelque chose à ajouter, un mot de la fin?

Dernières remarques? Le Nouveau-Brunswick est un endroit dynamique en ce qui concerne l’éducation et la recherche. En effet, la recherche sur les politiques en matière de santé ou la santé clinique connaît un bel essor parce que notre province est pleine de personnes talentueuses. Au Nouveau-Brunswick, nous avons tendance à penser que nous sommes plus petits, ou nous nous rendons tristement compte de nos lacunes financières et du fait qu’il devient plus difficile d’obtenir du financement. Quand nous pensons à nos jeunes collègues et aux récents diplômés, cela nous brise le cœur. Cela dit, il faut continuer à voir grand tout en tirant le meilleur parti de ce que nous avons réalisé collectivement jusqu’ici. Pour terminer sur une note plus légère, disons qu’à titre de cochercheuses, comme nous l’avons mentionné plus tôt, nous prenons plaisir à travailler de façon synergétique, même lorsque nous sommes soumises à des contraintes de temps (marathons de rédaction de demandes de subvention, de publication d’articles, de réunions à nos emplacements respectifs ou ailleurs, etc.). Nous sommes convaincues que ce qui compte le plus dans toute collaboration entre collègues (et établissements) est le respect mutuel (comme dans toutes les relations). Maintenant que notre équipe est beaucoup plus grande que lorsque nous avons commencé en décembre 2014, nous avons encore plus de plaisir à travailler ensemble et à nous appuyer réciproquement, surtout lorsque le travail de chaque stagiaire ou de chaque membre de l’équipe prend comme point de départ le travail de l’autre. Il se produit parfois des incidents drôles (ou ridicules plutôt) pendant que nous travaillons fort (faut-il mentionner à qui ils arrivent?). Nous pouvons, par exemple, nous trouver à la fin de la journée avec des chaussettes de deux couleurs clairement différentes (cela peut paraître bizarre quand on enseigne). Nous prenons des photos, nous faisons part de ce qui est arrivé et nous rions un bon coup. D’autres fois, nous oublions qui conduit la voiture de l’autre. Nous nous trouvons en train de discuter passionnément de notre projet, et, ce faisant, il y en a une qui essaie sans cesse d’entrer du côté du conducteur à chaque arrêt, même quand elle ne conduit pas (c’est habituellement Rima lorsqu’elle se rend sur le campus de Saint John). Cela dit, l’équilibre est très important pour le mieux-être mental et physique.

Ici, j’aimerais souligner (c’est Rima qui parle) l’admiration que j’ai pour Shelley. En plus d’être une universitaire étonnante et une mère dévouée, elle a une autre passion bien reconnue dans notre province : elle est une coureuse accomplie (coureuse de l’année). Je prends réellement plaisir à l’encourager virtuellement (mais avec enthousiasme) à chaque marathon! Et moi (c’est maintenant au tour de Shelley), j’ai l’impression que c’est moi qui ai toute la chance d’avoir trouvé une collaboratrice et une amie incroyable. C’est grâce aux réseaux de recherche du Nouveau-Brunswick, comme la SRAP et le RRPSNB, que nous nous sommes rencontrées, et nous espérons que tous les chercheurs du Nouveau-Brunswick auront cette même possibilité de trouver leur « douce » moitié!


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